08 juin 2008
Log 29. Fall of Constantine
Pensée du jour : "La seule différence entre remède et poison, c'est la dose"
Fond musical : The Mars Volta - Cicatriz
La vie est une chienne. C'est un fait qu'il faut prendre en compte avant de commencer à chercher la paix. Nous sommes le Jeudi 5 Juin et je me retrouve dans la soirée mensuelle du bar, à faire face à ma meilleure amie. Comme prévu, la technique du silence a fonctionné, comme prévu elle me demande les raisons de ma distance ... pas comme prévu : le fait de la revoir me fait perdre toute détermination. Et pourtant j'essaie de claquer la porte, je lui explique que nous n'arrivons plus à être amis comme avant, que les sentiments que j'ai pour elle me rongeront toujours quand je la verrai avec un autre, et qu'il vaut mieux qu'on continue notre chemin chacun de notre côté un moment. Elle me propose un mois, je lui réponds un an. Elle pose alors sa tête contre moi, me dit qu'elle se sent trop perdue, qu'elle a l'impression de plus savoir définir ses sentiments. Je connais ... mais ça ne change rien. Au contraire, le fait qu'elle se sente si désorientée me donne envie de la secouer par les épaules et de lui faire comprendre que putain, un mec est juste devant elle a lui offrir ses vestiges d'espoir, il ferait tout pour la rendre heureuse et la respecterait. Mais ça aurait été trop beau. Dieu ou je ne sais quelle de vos forces supérieures a préféré qu'elle m'aime il y a quelques mois sans me le dire, puis qu'elle rencontre quelqu'un d'autre au moment où je réalisai ce qui se passais. Suite à la discussion, quand les gens rentrent chez eux, je lui propose de dormir chez elle. J'ai dans l'idée d'essayer de me comporter comme avant, de voir si un climat d'amitié est possible. Pour moi, l'ambiance est plutôt froide et je quitte son appart le lendemain matin avec l'amertume de l'année à venir sans elle.
Mais voilà qu'elle m'appelle, me dit que j'ai oublié ma cravate, me demande quand je veux la récupérer. Pour elle, le fait que nous n'ayons pas couché ensemble cette fois signifie qu'on peut repartir comme à la bonne époque. Et c'est là que ma détermination cède : plutôt que de lui dire ciao, j'accepte de la revoir, je joue le jeu, juste parce que l'idée de me retrouver seul me fait trop peur. J'ai toujours préféré me couper un bras plutôt que de le laisser se gangrener, et cette fois je n'y arrive pas. Vais-je vraiment devoir faire semblant de n'être que son ami indéfiniment ?
Au début, tout ça fait naître en moi une colère sans nom, qui brûle dans mes veines à tel point que je me retire du monde toute une journée sans parler à personne. D'ailleurs, j'emmerde tout le monde, je suis dans un tel état que je ne supporte même plus tous les crétins qui m'entourent et qui ne comprennent pas une seconde ce qui m'arrive. Puis vient le stade plus sombre de la résignation : après tout, si je ne suis pas assez bien pour elle malgré tout ce qu'on a en commun, qui pourrait bien vouloir de moi ? Et finalement, nous sommes le Samedi 7 Juin au soir, et voilà que je lâche prise. Une fois de plus, je m'abandonne totalement à cette mécanique rôdée qui constitue mon âme. Pourquoi lutter, c'est tellement plus facile de se laisser séduire par cette seule attitude : plus rien n'a d'importance. J'imagine que c'est de cette façon que naissent les grands méchants du cinéma, ce ne sont jamais que des incompris qui finissent par vouloir faire sauter la planète. Je sors du resto dans lequel se déroule une de ces indénombrables soirées (elles non plus, ne me paraissent plus réelles). Je m'allonge sur un banc au bord de l'eau et m'allume une cigarette. Je regarde le ciel s'obscurcir petit à petit. J'ai l'impression d'être le dernier être vivant sur Terre.
"Il ne lui servit de rien à présent,
D'avoir élevé de hautes tours dans le Ciel
Et il ne put s'enfuir
Malgré toutes ses machines
Mais fut envoyé tête la première
Lui et sa horde industrieuse
Bâtir dans l'Enfer"
Milton, Le Paradis Perdu
Fin de transmission.
02 juin 2008
Log 28. The Black Parade
Pensée du jour : "Il n'est jamais trop tard pour se réveiller"
Fond musical : My Chemical Romance - I Don't Love You
Un week-end en province, ça peut changer beaucoup de choses, ou pas. Personnellement, j'ai toujours aimé les gares. Regarder les gens se quitter, se retrouver, tout ça. C'est, comme lors de ma dernière clope à ma fenêtre la nuit, un des seuls endroits où j'ai l'impression de pouvoir laisser mon esprit vagabonder complètement. Peut être que c'est dans cet "entre-deux mondes" que je suis à ma place. Enfin passons, je compte pas vivre dans une gare de toute façon. C'était la première fois que je rendais visite à ma mère depuis qu'elle a plié bagage, quelques semaines après avoir tenté de se tuer. Je l'ai trouvée plutôt en forme, mais par moments c'est comme si elle n'était plus là. Je crois qu'une partie de son esprit ne reviendra pas, et je dois l'accepter. Je me suis pas mal baladé, j'ai fait la sieste à l'ombre d'un moulin et j'ai fumé des clopes en regardant la mer. L'océan, c'est quelque chose qui m'a toujours fasciné. A chaque fois que je le regarde, mon coeur se serre, comme si la tristesse et la sérénité faisaient l'amour dans ma tête. Métaphores foireuses mises à part, ce genre de "communion" passagère avec la nature me rassure toujours quant à ma quête de paix intérieure. Mais ça me fait peur aussi. Peur de passer toute une vie sans rencontrer les bonnes personnes, LA bonne personne avec qui avancer. Je trie sur le volet mon entourage, ne retirant mon masque que pour une poignée d'élus (heureux ?). Et pourtant même quand je crois avoir gardé les bonnes personnes, quand mon désir d'élévation est au plus haut, je réalise que je reprends une attitude mécanique.
Ce qui nous ramène à ma meilleure amie, celle du Log précédent. J'avais depuis peu décidé de maintenir le silence quelques temps. Pas vraiment pour m'éloigner, mais plutôt pour user d'une technique de sioux consistant à attiser le manque chez une personne pour qu'elle revienne vers vous d'elle même. Je n'étais pas jaloux de la voir courir après un autre mec, mais toute cette merde depuis qu'on a couché ensemble ajouté au fait qu'elle agisse comme une lycéenne pour lui plaire, ça m'a gonflé. Quoi qu'il en soit, la technique du silence a porté ses fruits et voilà que la demoiselle me contacte à plusieurs reprises. A chaque fois je réponds très rapidement, avec des phrases courtes, je fais mine d'être occupé. Je joue ce petit jeu en sachant très bien que le 5 Juin au plus tard il y a 90% de chances pour que je doive lui faire face à la soirée mensuelle au bar, et qu'elle me demandera alors pourquoi je suis si distant. Peut être que je fais ça pour qu'elle se rende compte qu'elle m'aime encore, allez savoir. Mais là où je veux en venir, et c'est ce qui m'inquiète, c'est que le résultant m'importe peu. Je ne ressens aucun manque, pas même l'envie d'une soirée entre amis comme avant. La bonne vieille mécanique a refait son oeuvre, et me voilà redevenu de marbre, sans même l'avoir voulu, avec une des personnes qui comptait le plus.
Si j'arrive à me détacher d'elle de la sorte, quel sera la prochaine étape ? Vais-je finir par me foutre réellement de tout, au point de n'être plus qu'une coquille dont le Ghost sera parti vagabonder, sans plus aucune attache ... Je lance ces questions dans le vide comme d'habitude, sauf que maintenant il y a du nouveau. Et oui, comme dans toute bonne saison 2, il faut du rebondissement, alors voilà : il y a désormais une psy dans la partie. Elle doit me prendre mon argent deux trois fois d'ici le mois de Juillet et aviser pour la rentrée prochaine. En tout cas, après la première séance, je peux déjà affirmer qu'elle ne sera pas un personnage récurrent. Ca fait quatre ans que je cherche qui je suis, que j'essaie de m'améliorer, et je crois pas avoir besoin d'elle pour continuer. La petite lueur du moment, c'est qu'il reste des gens biens figurez-vous. Il paraît que vers Metz traîne une espèce de Cyberpunk à l'humour incisif qui gagne à être connue. Je n'espère pas encore une amitié mais qui sait, on fondera peut être un cirque itinérant.
"Preach all you want but who's gonna save me?
I keep a gun on the book you gave me,
Hallelujah, lock and load
Black is the kiss, the touch of the serpent sun
It ain't the mark or the scar that makes you one"
Gerard Way
, Thank You For The Venom
Fin de transmission.
14 mai 2008
Log 27. Maelstrom
Pensée du jour : "Cette nuit, tu te sens plus grand, biensûr, d'avoir choisi ton camp"
Fond musical : Kavinsky - Dead Cruiser
Comment transformer en tourbillon autodestructeur les bases d'un équilibre naissant ? Ce n'est malheureusement pas le thème d'une thèse de psycho. C'est plutôt un exercice pratique dans lequel, en toute humilité, je semble exceller. Alors voilà, puisque je n'ai pas écris depuis un bail, je vous remets dans le contexte : célibataire depuis Février, je m'en foutais un peu et j'en profitais pour m'occuper de moi et profiter de ma vie sociale florissante. Bien entouré par plusieurs cercles de potes, soirées avec eux plusieurs soirs par semaine. Et le plus important : mes deux meilleurs amis (une fille et un garçon), bien présents. Et un soir tout bascule. Nous somme un Jeudi soir et c'est le rendez vous régulier d'un de mes cercles d'amis dans un bar parisien. Ma meilleure amie est de la partie. Il est important de noter qu'elle a gagné ce statut en l'espace d'un an, ce qui est plutôt incroyable. Mais depuis que nous nous sommes rencontrés, là où je travaille, les jours n'ont pas cessé de nous rapprocher, créant un genre de symbiose. Tellement de délires, de références en commun poussaient même les autres à se demander si nous n'étions pas frère et soeur. C'est simple, on pouvait tout se dire, à bâtons rompus, et ça s'est prolongé même lorsqu'elle a quitté la boîte. Et ce soir là, sans que l'alcool ne m'y pousse particulièrement, je vais vers elle et lui demande "Pourquoi on est jamais sortis ensemble ?". Je ne suis pas sûr que c'était pour rire, mais la réaction qu'elle a eu m'a empêché d'y réfléchir plus longtemps. En effet, elle m'avoue avoir été amoureuse de moi pendant les mois passés côté à côté professionnellement. S'ensuit un baiser ... Et voilà, la machine était lancée. Evidemment, on essaie d'étouffer l'affaire, de se dire que ce n'était rien et qu'on oublie, d'autant plus qu'elle a un copain.
Oui mais voilà, une semaine après, on passait la nuit ensemble. Chaque minute passée avec elle me faisait tout remettre en question : suis-je vraiment amoureux de ma meilleure amie ? Quoiqu'il en soit, après une période de silence, on décide de se revoir sur des bases saines : elle n'est plus amoureuse de moi, et moi j'en sais rien mais je veux pas la perdre alors autant reprendre l'amitié épantante qu'on entretenait dès le départ. Mais quand même, je repense à cette nuit, aux heures passées à se regarder dans les yeux et autres activités moins sages ... et je m'efforce de chasser tout ça de ma tête. Ca devenait compliqué : je devais la revoir comme avant, ne plus coucher avec elle, jamais, et plus j'essayais de m'en convaincre plus le court circuit me guettait. Mais comme un rebondissement n'arrive jamais seul, voilà que bientôt on se retrouve à être tous les deux célibataires. Et ma stupidité reprend vite le dessus, je l'invite à passer une nuit chez moi. Ca fait à peine quelques jours qu'elle s'est séparée de son copain, et je tente une approche grosse comme une maison. Oui mais voilà, elle se laisse prendre au piège volontairement. Nous sommes Samedi 10 Mai, et je me retrouve à avoir une discussion sur l'oreiller avec ma meilleure amie, après une nouvelle nuit ensemble.
Elle me reparle d'un mec sur qui elle a flashé. Me dit qu'elle est attirée par moi mais que ses sentiments ne sont pas de l'amour, même si ce fut le cas à notre rencontre. Je vois alors le puzzle dans son intégralité : je suis en train de bousiller mon amitié avec elle, sans aucune chance de construire une relation amoureuse. On voudrait tous les deux que tout redevienne comme avant, deux amis si proches qu'ils devinent la fin de leurs phrases. Mais quelque chose cloche chez moi : je ne suis plus certain de ce que j'éprouve. Amitié ou amour ... ne pas pouvoir coller une étiquette sur ce que je ressens me fait dérailler. J'ai peur de perdre ma confidente, et en même temps je souffre dès que je la vois et qu'elle me parle de son crush. Si ce n'était pas elle, j'aurais suivi mon code habituel : partir en claquant la porte, sans appel. Mais ce n'est pas si simple. Peut être que si j'hésite entre amour et amitié, c'est parce que je me raccroche à la personne qui m'apporte le plus de tendresse. Je crois que j'ai peur d'être seul, et la promiscuité physique qui a eu lieu entre nous me fait m'agripper comme un perdu. Peut être que si je rencontrais quelqu'un d'autre, tout pourrait rentrer dans l'ordre. Une fois de plus, je marche sur les rares éléments pûrs de ma vie. J'aimerais comprendre ce qui se passe dans ma tête, pouvoir définir et décider de mes sentiments. Mais avant tout, je ne veux pas la perdre ...
"
Chères ondes de l'adolescence volent dans l'air
Chair nue s'affole, s'emmêle, pêle-mêle...
Hostile et flou on était
Un été de joie me revient parfois
J'ai vécu depuis j'ai même donné la vie
Mais je garde ce parfum subtil et flou nommé 16 ans
Un parfum d'avant
Et je lève mon verre
En vidant mon âme, j'ai passé la nuit à boire
A nos fièvres heureuses
Comme si j'avais déjà vécu mille vies
Je repasse les pages
Endormi, je revois nos images
Lointaines de l'adolescence."
Mark Maggiori, Un Parfum Nommé 16 Ans
Fin de transmission.
11 mars 2008
Log 26. Robot carnival
Pensée du jour : "Mais toi je t'aime mon mensonge"
Fond musical : My Bloody Valentine - Sometimes
Et voilà, ce blog souffle sa première bougie. C'est une image hein, j'ai rien organisé pour l'occasion. C'est assez paradoxal : j'ai l'impression que cette année a filé à une vitesse folle et pourtant il s'est passé quantité de choses. C'est l'heure de faire un petit bilan de la saison 1. Je pense que si je jette un coup d'oeil à mon évolution depuis que j'ai commencé à écrire, le plus grand changement doit être ma "guérison". Je crois que j'ai réussi à oublier Elle. Biensur si on totalise, il m'aura fallu à peu près deux ans et des brouettes pour y arriver, mais pendant ce laps de temps j'ai compris que je ne courais pas après son souvenir, mais plutôt après ce qu'elle représentait. C'est à dire une époque. Je pense que toute ma vie certains lieux, certaines fragrances ou chansons m'évoqueront toujours cette dernière. D'ailleurs cette période ce n'est pas qu'Elle, mais un ensemble : le lycée, les vieux amis etc ...
Bref tout ce qui comptait avant que le tableau ne noircisse. Ou plutôt avant que je ne le noircisse devrais-je dire. C'est drôle, en rangeant un tiroir j'ai retrouvé une lettre de cette fille cette semaine (quelle sensation douce-amer !). Vers la fin, elle insiste particulièrement sur un souhait qu'elle formule de cette façon : "Ne te renferme jamais, tu as trop à offrir". Je crois que j'aurais dû l'écouter. Si j'avais eu la force de faire face aux problèmes que j'ai connu à ce moment, sans me déguiser en robot insensible, tout serait différent. Je ne l'aurais peut être pas perdue, je n'aurais pas mis ce calque entre moi et les autres, je ne serais pas devenu aussi distant par rapport à tout. Sans m'en rendre compte, je vivais un moment charnière.
Du temps s'est écoulé ensuite, avec son lot de relations hasardeuses, où parfois on essaie de se convaincre qu'il y a des sentiments en sachant que c'est faux. Je me suis fais pas mal de nouveaux amis, et des vrais en plus, ce qui est d'autant plus incroyable. J'en ai perdu un ou deux aussi, certains de la belle époque même. Avance rapide : j'ai eu mon diplôme, je me suis mis à fumer 5 fois plus, j'ai découvert un tas de groupes géniaux (vieux ou récents) et je me suis remis avec conviction à la guitare. Liste non exhaustive bien entendu. Tout ça avec pour point de départ une simple personne qui s'en va, c'est bizarre. Mais un chapitre est terminé, on se relève de ses erreurs peu importe le temps que ça prend, et aujourd'hui je ne souhaite plus que tout se soit passé autrement. Ca se fête ? Alors certes, le travail entamé à travers ce blog est loin d'être achevé. Je continue à "flotter", en décalage avec la réalité, en rêvant d'élévation tandis que les jours et les pauses clopes se succèdent. Mais je crois que même si j'en doute parfois, je commence à découvrir qui je suis, à entrevoir la possibilité de retirer le panneau "En réparation" de ma carcasse. Je profite des bons moments à fond et je me félicite de pas voir de psy. Les beaux jours reviennent bientôt à ce qu'il paraît.
Pour finir, je ne vous infligerai pas d'infâme citation en fin d'article pour une fois, mais je me contenterai de remercier les quelques fidèles qui passent dans le coin de temps en temps et qui pour certains ont su m'apporter beaucoup tout en restant discrets. A suivre dans la saison 2 ...
Fin de transmission.
04 février 2008
Log 25. Cherry blossom romance
Pensée du jour : "Quand quelque chose est dit sur la nature, ce n'est déjà plus la nature"
Fond musical : Hirasawa Susumu - Parade
Le croirez vous, je suis de nouveau célibataire depuis peu. Tout allait pour le mieux et pourtant, du jour au lendemain, notre relation s'est effondrée comme un château de carte. Cependant, pas de grande déception, pas de vague de douleur qui emporterait tout sur son passage. Juste ce sentiment de fraîcheur difficile à expliquer : comme si le fait de me retrouver seul avec moi même était finalement libérateur. Il faut dire, c'était à peu près logique que ça se termine de la sorte. Voyez vous, parmis toutes les personnes que j'ai fréquenté (passez moi l'expression), deux catégories distinctes ont su s'imprimer sur ma rétine, deux expériences diamétralement différentes. D'une part, la fille que j'appelerai rayonnante : elle fait partie de ces personnes qui vous transmettent de leur force et qui vous poussent à aller de l'avant. A ses côtés, tout paraît possible et vous remerciez la nature de lui avoir fait croiser votre route. C'est avec ce genre de personne que vous pouvez entretenir une relation à distance pendant 4 ans (oui je me cite comme exemple).
D'autre part - et je réalise à quel point je vais passer pour un sectaire - la fille que j'appelerai instable. Une personne qui ne demande qu'à trouver le bonheur comme tout un chacun, mais qui a tellement souffert par le passé qu'elle n'y croit plus vraiment. Toute son échelle de valeur est ébranlée et ce genre de personne vous offre autant de joie que de dommages collatéraux. Cette chère demoiselle qui vient de quitter ma vie faisait malheureusement partie de cette seconde catégorie, bien qu'à mes yeux elle sut être rayonnante un certain temps. C'était en vérité une destructrice, qui nuit à autrui à cause de son propre mal-être. Elle m'aurait sans doute emporté dans sa chute si je n'avais pas moi même été experimenté en la matière. Pour une fois, les leçons du passé se sont montrées utiles : toujours garder une part d'indépendance, toujours envisager dans un coin de son esprit la possibilité que tout peut s'écrouler.
Et me revoilà, pour ainsi dire indemne. J'ai l'impression d'être un vulgaire serpent qui vient de se débarasser de sa mue. Loin de moi l'idée cependant de m'en montrer fier : j'aurais préféré que ça se passe différemment. Mais on ne peut pas plus changer les gens qu'on ne peut altérer le cour du temps. Nous agissons selon notre nature à chacun. Je continue de m'inquiéter de ne pas réagir plus violemment à ces échecs sentimentaux, et je ne demande qu'à changer et à laisser cette indifférence derrière moi. Mais je commence petit à petit à me résigner. Pourquoi chercher à atteindre quelque chose qui n'est peut être tout simplement pas sur mon chemin ? Peut être vaut-il mieux chercher la paix seul, plutôt que d'être deux pour chasser des fantômes.
"- Je crois qu'il y a méprise, je ne veux pas sortir avec toi.
- Non je ... je veux juste te connaître. Je veux juste savoir qui tu es.
- Tu ne peux pas. Personne ne connaît vraiment personne.
- Je ne comprends pas. Qu'est-ce que tu entends par là ?
- Ca veut dire ... que jamais tu ne me connaîtras. C'est difficile, mais c'est comme ça pour tout le monde ... faut faire avec."
Sean Bateman, Les Lois de l'Attraction
Fin de transmission.
20 janvier 2008
Log 24. Suck my geek
Pensée du jour : "Les forts en foot, c'est eux les glandus"
Fond musical : Soul Scream - Kuroi Tsuki No Yoru
Bon aujourd'hui je ne vais pas parler de ma vie sentimentale, ni même de mon rapport aux autres. Quoique. Je tenais à écrire un billet sur ma culture, tout simplement. Le déclic a été ce documentaire dont j'ai emprunté le titre pour cet article. En regardant des inconnus parler de comics, de manga, de science fiction, de RPG, assis à côté de mon meilleur pote, j'ai été pris d'une grande nostalgie mêlée à une joie sincère. En effet, je suis content. Content parce que je me rends compte que je n'ai plus ce sentiment de solitude que j'avais pendant mon adolescence. Nous sommes nombreux, nous qui avons grandi avec les Chevaliers du Zodiaque, les mutants de chez Marvel ou autres Han Solo, Snake Plissken, Captain Herlock. Je me rends compte aujourd'hui à quel point elles sont douces ces discussions éternelles pour savoir quel Final Fantasy est le meilleur, pour savoir si oui ou non le voyage dans le temps existera un jour (et si ça se passera comme dans Retour vers le Futur) et j'en passe.
Et c'est avec un sourire de statisfaction que je réalise ce soir que je suis vraiment fier de faire partie de cette culture alternative. Alors oui, j'ai 22 ans et il m'arrive de verser une larme devant un Anime. Oui, je peux être touché et ému par un jeu vidéo. Si je l'écris, c'est pour pouvoir le relire plus tard et m'en rappeler, en espérant n'avoir pas trop changé et avoir gardé une part de cet imaginaire. Si j'ai des gosses plus tard, je veux pouvoir entrer dans leurs délires. Et si je dis ça, c'est parce que cette culture m'a aussi permis de me faire tel que je suis. Si je n'avais pas mis mon nez dans la Japanimation ou dans ces paquets de films d'anticipation, peut être n'aurais-je pas acquis le même code de valeurs. Certes, vous me direz que je ne suis peut être pas une référence en terme d'adaptation, mais finalement, ça n'est pas nécessairement un tort. Je suis content de constater que notre imagination, notre ouverture d'esprit, notre sensibilité nous empêche de devenir des gens maussades. Et je comprends de mieux en mieux les Logs que j'ai pu écrire auparavant, ceux dans lesquels je décris mes relations "factices" avec une partie de mon entourage.
Je crois que certaines personnes ne pourront simplement jamais comprendre tout ce que je viens d'évoquer. Ca n'est pas la seule, mais une des raisons pour lesquelles moi ,et j'en suis convaincu beaucoup d'autres, nous sentirons toujours en marge. Je suis loin d'être un cas extrême : ni cheveux longs, ni t-shirts de hard rock, ni passion pour les orcs (à lire sur le ton du second degré, je ne veux froisser personne). Pourtant, j'avais quelques à prioris. Ce documentaire a renversé beaucoup de fausses idées que j'avais sur le terme de Geek. Il m'a rappelé que si j'avais une telle passion pour le Vintage, pour les films de genre, pour l'ambiance jazzy de Cowboy Bebop, (pour les robots ?) ça n'était pas pour rien. J'en suis fier et j'espère continuer à le partager encore longtemps. (Au fait, le teaser du docu, c'est par ici)
"Sortis tout droit des garages californiens dans les années 60, ils
ont fait de notre planète un monde, leur monde. Les "geeks" -prononcez
"jik" ou "guik", c’est selon- sont désormais partout. Nous en
connaissons tous un(e), qu’il ou elle soit fan de Star Wars, de jeux de
rôles ou de H.P.Lovecraft.
Elle s’éclate à "poutrer du zombie dans "God of War", jeu vidéo où l'utilisateur incarne un (redoutable) guerrier. Il est intarissable quand il vous parle des "Annales du Disque Monde", de l'écrivain britannique de science-fiction Terry Pratchett.
Ils sont tantôt accrocs à l’ordinateur et aux logiciels libres, tantôt
marqués à jamais par les dessins animés japonais période Goldorak et San Ku Kaï"
Johnatan Charton, Rue 89.com
Fin de transmission.
28 décembre 2007
Log 23. Let it snow
Pensée du jour : "L'absence est à l'amour ce qu'est au feu le vent"
Fond musical : Queens of the Stone Age - Go with the Flow
J'ai du mal à écrire lorsque je suis en couple. C'est d'ailleurs pour ça que mes absences de la blogosphère, à l'image de mes dernières relations, ne sont jamais bien longues. Pourtant je dois faire un point aujourd'hui. En cette période de fêtes - Dieu ce que je peux détester ça ! - je ne sais pas vraiment où j'en suis. Une copine merveilleuse, un boulot qui me plaît, ma mère suicidaire qui semble se remettre lentement ... rien ne cloche et pourtant, rien ne va. En trois ans, c'est la première fois que j'ai une relation où tout semble couler de source. Pas besoin de se forcer pour être bien ensembles, pas besoin de se torturer l'esprit pour savoir ce que l'avenir nous réserve. C'était une source de bien être ... jusqu'à maintenant. En effet, dès que je suis avec elle, tous mes soucis disparaissent. Je ne vous fais pas de dessin, je suis amoureux. Mais lorsque l'on s'éloigne ... j'ai l'impression de perdre pieds, je m'inquiète pour des broutilles, je ne me reconnais plus. Moi, si froid, si calculateur, je crois que j'avais oublié ce que ça faisait d'avoir ce genre de sentiments pour quelqu'un.
Et maintenant que c'est le cas, c'est comme si je marchais sur des oeufs. J'ai tellement l'habitude de gérer tout moi même, de gérer mes démons intérieurs à ma manière ... Maintenant, je dois gérer deux relations : celle que j'entretiens avec elle, et celle que j'entretiens avec moi. A plusieurs reprises, j'ai fréquenté des filles comme pour me rassurer, une sorte de masque à l'échelle du couple. Mais je ne fais pas semblant cette fois. Ca me fait du bien, et ça me fait peur. Je crois que j'ai du mal à baisser ma garde et à me dire "Hey, peut être que c'est ton tour d'avoir un peu de bonheur". Il faut que je lui fasse confiance, il faut que je lui fasse confiance ... Depuis bientôt une semaine, impossible de me détendre. Les vacances devraient servir à ça, et je devrais les savourer comme tout le monde. Mais les fêtes ne me réussissent pas. J'en suis le premier surpris, mais je crois que le rythme du travail me manque. J'aime le calme, mais pas l'oisiveté, et même s'il m'est difficile de l'admettre, je crois que tous ces gens qui gravitent autour de moi au jour le jour, ces gens à qui je donnais une image lisse sans jamais m'ouvrir, me manquent soudainement. Je crois que je suis loin de celui qui a débuté ce blog. Mais cela ne fait que prouver son utilité à mes yeux : il garde une trace de mon évolution, de mon travail sur les relations avec les autres et moi même. Moi qui était si méfiant envers les autres lorsque j'ai commencé à écrire. Moi qui observait les gens comme un visiteur du zoo ... Tout cela a-t-il vraiment changé ?
Ma vie sociale actuelle tend à le prouver. Pourtant tout cet équilibre ne semble tenir qu'à un fil. Pourquoi, alors que les invitations sont nombreuses pour le nouvel an, ai-je soudain envie de rester cloitré chez moi ? Je dois rester méthodique, comme je l'ai toujours été, et me fixer des objectifs. Premièrement, essayer de croire à la chance que j'ai d'avoir cette relation et apprendre à en profiter au maximum. Deuxièmement, choisir une soirée du nouvel an et y faire bonne figure, il paraît que l'appétit vient en mangeant, je ne devrais pas m'inquiéter pour ça, pas vrai ? Ca devrait être gérable, rien d'insurmontable. Il faut que je me détende, tout va bien se passer. Tout ça est vrai, ce n'est pas du toc ... tout juste du verre qu'il faut veiller à ne pas briser.
"J'ignore qui je suis vraiment. Je sais juste qu'il y a une part obscure en moi. Et je la cache. Je n'en parle jamais, mais elle est là, en permanence. Cet hôte funeste. Et quand il prend le contrôle je me sens ... vivant. A moitié écoeuré par l'excitation et l'immortalité absolue ... Je ne le combats pas. Je le laisse. Il est tout ce que j'ai. Personne d'autre ne pourrait m'aimer. Surtout pas moi. Où est-ce juste un mensonge de cet hôte funeste ? Parce que ces derniers temps, je me sens parfois ... connecté, à autre chose. A quelqu'un. Comme si le masque glissait. Des choses, des gens, qui n'ont jamais eu la moindre importance en ont soudainement. Ca me flanque une trouille bleue."
Dexter Morgan, Ce Cher Dexter
Fin de transmission.
02 décembre 2007
Log 22. Autodestruction
Pensée du jour : "Que restera-t-il de moi, de tout ce que j'aurai appris ?"
Fond musical : Electroma OST - I want to be alone
Ca fait un bout de temps que je ne suis pas venu me livrer ici. Pourquoi ? Sans doute par crainte. Ce qui s'est passé dans ma famille il y a un peu plus de deux semaines, il n'y a pas de façon simple de le dire sans avoir l'air de se victimiser. Donc autant passer ce cap tout de suite. Ma mère a fait une tentative de suicide. Elle s'en est tirée, mais ce genre de chose sous entend un paquet de conséquences pour la suite. Ca faisait un bail que je m'occupais d'elle avec ma soeur. Je connaissais son mal-être, il était étroitement lié au mien, mais son geste m'a secoué. Ce qui m'a marqué, c'est que je n'arrivais pas à me laisser aller. J'aurais voulu craquer, m'effondrer, mais une fois de plus j'agissais avec logique et pratique. Je me dégoutais d'être aussi froid ...
Quand il se passe quelque chose de grave comme ça, les gens qui vous entourent réagissent de façon différentes. Certains vieux amis avec qui vous étiez brouillés se montrent présents et à la hauteur, autant que les vétérans qui répondent eux aussi à l'appel. Tandis que d'autres personnes que vous pensiez proches s'effacent doucement le temps que la tempête se calme. Pourtant, il n'y a personne à blâmer dans ce constat. Tout ce que je veux dire, c'est que dans ma quête de sociabilité récente, j'avais oublié à quel point l'humain est une science inexacte. Je me rends compte que moi même, à travers tout ce que j'ai écris jusque là, je ressemble vraiment à un paradoxe, une sorte de robot inachevé qui cherche son âme. Heureusement, notre capacité à apprendre, notre curiosité, peuvent nous tirer vers le haut, nous apporter peu à peu une élévation. Il y a par exemple cette fille que je fréquente depuis quelques temps. Nos regards se perdent l'un dans l'autre lorsque nous sommes ensembles. Je ne veux pas faire de plan avec elle, simplement écouter de la musique, apprendre à la connaître, elle et son passé. Je suis dans une phase autodestructrice. Peut être à cause de tout ce qui s'est passé, ou peut être parce que Californication est à la mode et dicte de plus en plus mes soirées.
Et pourtant, malgré cette phase, je suis touché. Finalement, elle me rend vulnérable et c'est peut être ce dont j'ai besoin. Elle possède une innocence très rare : celle qui n'est pas due à l'ignorance, mais qui est voulue et réfléchie. Elle se démarque de tout ce que je croise dans ces soirées qui finissent en beuverie, de tous ces crétins bourrés à qui je voudrais cracher à la gueule. Un drame a failli se produire, des amis se sont effacés, une fille est apparue, et je continue à apprendre. Je continue à croire, un peu. Et à verser une larme à chaque fois que se termine Electroma, un film qui nous parle de machines en quête d'humanité ...
"I’ve seen things you people wouldn’t believe.
Attack ships on fire off the shoulder of Orion.
I watched C-beams glitter in the dark near the Tannhauser gate.
All those moments will be lost in time.
Like tears in rain.
Time to die."
Roy Batty, Blade Runner
Fin de transmission.
28 octobre 2007
Log 21. Airport by night
Pensée du jour : "Je ne sais pas mais j'imagine"
Fond musical : Hooverphonic - NR 9
Ma vie sentimentale a rarement été aussi mouvementée qu'en ce moment. Et pourtant, cet état des choses me force à me rendre une fois de plus à l'évidence : Je ne sais pas gérer mes relations avec les autres. Parmis les récentes personnes que je viens de rencontrer, l'une d'entre elle qui semblait s'entendre avec moi sur de nombreux points, une amie potentielle, est soudain devenue silencieuse. Elle a prétexté ne pas parvenir à me cerner, a déclaré que j'étais trop distant. Sur le coup, je me suis senti confus. Mais finalement, qui suis-je pour la blâmer.
Au contraire, elle semble avoir tout compris. Distant, c'est le mot exact. Au niveau de ma vie sentimentale citée plus haut, plusieurs "opportunitées" (pardonnez-moi l'expression) s'offrent à moi, et pourtant celà n'éveille pas chez moi l'intérêt escompté. Ce qui se passe est assez étrange. Je suis plutôt flatté c'est vrai, mais comme si celà n'avait pas vraiment d'importance, je ne ressens aucun désir de faire un deuxième pas. Pourtant, j'ai les mêmes besoins que tout le monde, les mêmes envies.
Ironiquement, c'est exactement cette période de "succès" pour moi qu'a choisi Elle pour ressurgir dans ma vie. Après un silence dont j'ai oublié la durée m'ayant permis de me remettre doucement de cette séparation, me voilà face à un "Bonjour, qu'est-ce que tu deviens, à quand ton premier film ?". Je commence à prendre peur. Et pourtant je réponds, je me montre poli. On échange les banalités d'usage, on se raconte les deux ans passés. Et j'apprends qu'elle part rejoindre son petit ami au Canada. Je ne sais pas comment je l'aurais pris il y a quelques temps, mais face à cette nouvelle je suis resté stoïque, je l'ai même félicitée. Je crois que sans m'en rendre compte, j'étais guéri d'elle depuis bien longtemps. Pourtant, que me reste-t-il si je n'ai même plus cette douce torture d'un autre temps ? Je voudrais tellement la haïr, pouvoir hurler jusqu'à l'implosion. Plus de douleur, d'accord, mais qu'est-ce qui va la remplacer ?
Ce qui m'effraie le plus, c'est de constater qu'autour de moi des relations se font et se défont chaque jour. Et moi, je continue d'espérer trouver une personne qui saura allumer une étincelle. La saveur n'est pas la même sans passion. Tout ne semble être que survie, gestes répétés encore et encore. Mais cette personne existe-t-elle vraiment ? Je me raccroche à cet espoir. A l'époque, j'étais persuadé que c'était Elle. Il est amusant de constater comme j'étais rêveur pendant cette période, tandis qu' Elle était plutôt du genre terre à terre. Aujourd'hui, les rôles semblent inversés : elle me parle de grand amour et part à l'autre bout du monde. Et moi, que suis-je devenu ? Parler avec Elle et la voir aussi rêveuse m'a rappelé le sourire que j'avais. Ca m'a donné envie de retrouver une part de celui que j'étais. Après tout, un peu de rêve ne peut pas faire de mal.
"Est-ce que parfois des idées noires
Te traversent sans crier gare ?
Moi j'en ai un peu tout les soirs
Pourvu que le temps les écrase
Est-ce que tu penses encore a moi
Comme je pense encore a toi ?"
Mademoiselle K, Jalouse
Fin de transmission.
14 octobre 2007
Log 20. Perte sans fracas
Pensée du jour : "Sois fier de ce que tu es, même si tu ne l'as pas souhaité"
Fond musical : Todd Rundgren - Can We Still Be Friends
Mes parents vont se séparer. Après toutes ces années passées à faire le tampon entre eux deux, chacun essayant de me faire prendre parti dans leurs disputes sans fin, je devrais me sentir soulagé. Pourtant je me sens plutôt désorienté. Il faut savoir que je n'ai jamais compris comment ces deux personnes ont pu me donner la vie. Je ne les ai jamais connu amoureux, je n'ai jamais vu aucun signe de tendresse entre eux, alors comment imaginer qu'ils aient pu un jour s'accorder pour faire un enfant. D'ailleurs, quitte à en parler dans un article, autant être franc jusqu'au bout, mon père s'est toujours moqué de mon éducation. Et je pense que c'est cette absence d'union entre mes parents d'une part, et d'image paternelle d'autre part, qui a contribué à faire de moi quelqu'un d'hypersensible pendant mon adolescence. J'ai toujours aimé considérer que j'avais acquis mes valeurs par moi même, pourtant je dois bien l'avouer : s'il n'y avait pas eu tous ces non-dits, cette ambiance pesante à la maison, ces violentes disputes, les dépressions à répétition de ma mère ... S'il n'y avait pas eu tout ça, j'aurais sûrement été quelqu'un d'autre. Quelqu'un de meilleur ? Dieu seul le sait.
Quoi qu'il en soit, je vois mon père tenter de venir vers moi. Il me considère comme un adulte maintenant, et espère passer du temps avec moi pour savoir qui je suis devenu. S'il savait seulement tout ce dont je suis au courant à son sujet. Il croit que c'est plus simple de s'intéresser à moi, maintenant qu'il n'y a plus d'éducation à donner. Le seul sentiment que je peux avoir à son égard désormais, ce n'est même pas de la colère, mais tout juste de la pitié. L'existence même de ce blog prouve à quel point j'ai besoin de travailler sur moi même pour acquérir un peu de paix, de sérénité. Mais je sais que ce travail ne sera pas vain. A terme, je vaudrai mieux que lui.
Pour ce qui est de ma mère, depuis longtemps j'ai l'impression que c'est moi qui suis responsable d'elle. Ca faisait un lourd fardeau sur les épaules d'un adolescent, mais peu à peu j'ai appris à me détacher de ça, à profiter de ma propre vie sans me sentir coupable. La seule chose qui me préoccupe désormais dans cette séparation, c'est l'aspect matériel. Je veux qu'elle ne manque de rien, je pense que je lui dois bien ça. Au passage, ce sera l'occasion de profiter de tout ça pour prendre mon indépendance et m'installer. Je crois que ce qui m'a désorienté, c'est surtout la manière brutale dont j'ai appris tout ça. Mais en y réfléchissant, je pense que chacun va y trouver son intérêt. Il fallait que ça finisse un jour de toute façon. Quand j'y pense, je ne compte plus les amis que j'ai dont les parents sont séparés. Je crois simplement que, même à 22 ans, ça fait toujours quelque chose. Je ne leur en veux pas, même s'ils sont en partie responsables de mes cicatrices. je suis quelqu'un d'entier désormais. Je ne suis plus l'adolescent hypersensible, bien au contraire.
"Mon but dans l'existence, ce n'est pas de charmer la société.
Je suis vraiment sympa et gentil. Ca tourne
toujours mal. Je vois une personne avec qui j'aimerais être ami (tout
le monde, en fait), et, tout à coup, je me dis que ce serait pareil
qu'avant, car les gens se foutent pas mal de moi. Alors je balance un
truc méchant, ou je ne dis rien du tout et je m'en vais. Le malheureux
ne comprend pas ce qui se passe. Il ne se rend pas compte que je viens
de décider que je ne l'aime pas. Qu'est-ce qui cloche avec les gens ?"
James Dean
Fin de transmission.