The Ghost in the Machine

09 novembre 2008

Log 33. Anatomie du Gris

Pensée du jour : "Science sans conscience n'est que ruine de l'âme"
Fond musical : The Vines - Autumn Shade II

finaljinrohOn s'habitue vite au gris. On ne se sent pas exceptionnellement heureux, mais on avance petit à petit, jour après jour. Et on ne se sent pas mal, c'est déjà ça. Pour ma part, vivre dans le gris passait tout d'abord par le fait d'accepter d'exister sans "vivre" aussi pleinement que dans mon idéal. De mettre de côté ma recherche du Bonheur avec un grand B, pour me contenter de choses plus simples. Le gris, c'est la zone neutre qui se situe entre "oublier qui on est et baisser les bras pour devenir une ombre" et "se retrouver et être en paix avec soi même". Cette zone grise, j'avais décidé de m'y camoufler après une rencontre mitigée avec une personne qui -je le croyais- me ressemblait. L'expérience n'avait pas été complètement négative puisqu'elle m'avait montré que j'étais encore capable d'être intrigué par quelqu'un (voir Log précédent), mais il s'est avéré que cette personne était encore plus perdue que moi. De quoi relativiser donc, et laisser de côté un moment mes aspirations, mes grandes espérances. Je remettais donc mon masque de normalité, et replongeais dans le fleuve du quotidien, sans rien attendre d'autre que la tranquillité pour quelques temps ...

Mais, j'aurais dû m'en douter, la vie ne vous laisse pas respirer longtemps. Elle ne tolère pas ce genre d'état de flottement, et vous encourage sans cesse à basculer d'un côté ou d'un autre : le Bonheur ou la Déchéance. Je ne pense que le destin s'acharne spécialement contre moi, et je n'accèpte pas l'idée qu'une entité supérieure monte des plans machiavéliques à mon encontre, mais les faits sont là : le gris ne peut pas durer, et quelque chose vient toujours faire pencher la balance. En l'occurence, ce sont mes parents, et leur santé respective en déclin, qui me sortent de ma torpeur. L'un hospitalisé ici, l'autre en Vendée, et moi bloqué par mes obligations, mes responsabilités. Le réveil est difficile, je ne sais pas quoi faire, je me sens impuissant. J'essaie de me montrer à la hauteur, je fais tout mon possible, épaulé par ma soeur. Mais la vérité c'est que je suis effrayé de les voir comme ça. Et je ne comprends pas pourquoi, malgré tous les maux dont ils sont responsables, leur état peut encore me toucher autant.

Je ne peux rien faire, simplement imaginer ce que je changerais si je pouvais retourner dans le passé, quand j'étais gamin. Est-ce que je ferais en sorte de les séparer plus tôt, afin qu'ils ne se détruisent pas autant (et moi par la même occasion) ? Je regrette de ne pas pouvoir plus discuter avec eux, de façon naturelle, de mes craintes et mes espoirs. Mais j'aurais trop peur qu'ils découvrent quel individu ils ont créé : une personne presque incapable de spontanéité, un monstre d'analyse. Et surtout, je ne pourrais pas m'empêcher de les accuser. Les nuits sans sommeil sont de retour. D'une façon inexplicable, j'alterne les soirs où je les maudis et ceux où je me sens responsable de ce qui leur arrive. Une fois de plus, mes sentiments sont un mystère pour moi ...

"Le but de la vie est inconnu, et c'est pourquoi la vraie façon d'être n'est pas accessible aux créatures vivantes. Qui peut dire si les schizophrènes n'ont pas raison ? Monsieur, ils accomplissent un courageux voyage. Ils se détournent des choses simples que l'on peut tenir et utiliser. Ils se tournent vers l'intérieur d'eux même, vers la Signification. Et c'est là que réside le vide noir et sans fond, l'abîme. Qui sait s'ils pourront en revenir, et s'ils y parviennent, qui peut dire comment ils seront alors ? Je les admire pour leur courage"
Héliogabale, Glissement de Temps sur Mars

Fin de transmission.

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25 septembre 2008

Log 32. Polaris

Pensée du jour : "Les gens heureux n'ont plus rien à dire"
Fond musical : Incubus - Vitamin

finalcombinaisonCa faisait un bout de temps que je le craignais, et voilà que ça m'est arrivé. Voilà, petit à petit j'ai commencé à me contenter du quotidien, à laisser la vie s'écouler doucement, à laisser derrière moi mes révoltes futiles. Avec l'absence prolongée de la seule personne digne d'intérêt rencontrée dernièrement, celle qui a su me stimuler, me faire croire à mes délires, je me suis mis à me fondre dans la foule, en oubliant mes aspirations et mon désir de mieux. C'est drôle, j'ai alors compris à quel point il était simple de se laisser tout simplement aller à travers les semaines comme un berceau sur une rivière. J'ai vu comme il était séduisant de se fasciner pour des choses sans importance et de savourer les joies les plus simples. Ca avait l'air sympa : la colère sourde s'était évaporée, je me sentais serein. Et tout ça, je le devais à un petit espoir, une minuscule perspective de ciel bleu : celle de ne plus être seul.

Mais un espoir, comme toute chose, ça s'étiole avec le temps si on ne l'entretient pas assez. Voilà que tout le monde est heureux autour de moi, se lance dans de nouvelles aventures, parfois vers l'inconnu. Chacun semble trouver sa chacune, à tel point que ça ressemble beaucoup à un complot. Je suis content pour eux, vraiment. J'ai envie de suivre le mouvement, de partager la même allégresse, de leur dire que moi aussi j'ai trouvé quelqu'un qui me ressemble. Mais ce que j'attends n'arrive pas. Je ne sais même pas ce que c'est. Et je commence à être tenté par des gens plus futiles, qui ne m'apporteraient rien, qui ne me comprendraient pas. Des plans simples, sans risques qui ne feraient que sauver les apparences.

Mais je me résonne. Je pense valoir mieux que ça. C'est peut être agréable de vivre dans l'état décrit plus haut, mais je me refuse à cette létargie. On dit que parfois il faut savoir faire des conneries, laisser son cerveau en stand by et profiter des occasions d'un soir qui s'offrent à vous. Pour le stand by et les conneries, j'ai le matos et l'entourage, mais quand on parle de trouver un fix de vrai bonheur, les plans d'un soir font pâle figure. Les joies du quotidien, très peu pour moi. Ou alors plus tard. Je veux les émotions fortes, et pas avec n'importe qui. La première fille venue ne fera pas l'affaire, ni même quelqu'un avec qui ça a déjà foiré une fois. Autour de moi ils ne comprennent pas. Autant dire que je jure un peu dans le décor pendant les soirées drague. Mais je veux de la nouveauté, du grand spectacle. Et même si j'ai tort d'espérer, je sais depuis cet été que je suis encore capable d'être intrigué par quelqu'un, de vouloir découvrir cette personne. Ce que je vais faire maintenant ? Essayer de garder l'attitude du mec qui avance. Après tout, même si l'espoir d'où je l'ai tirée s'est un peu terni, elle garde ses bons côtés. Associons cette attitude avec les attentes que je garde en moi et qui sait, peut être que l'avenir verra ça d'un bon oeil ...

"J'veux traverser les océans
Devenir Monte Cristo
Au clair de lune m'échapper
De la citadelle
J'veux devenir roi des marécages
Sortir de ma cage"
Au p'tit bonheur, J'veux du soleil

Fin de transmission.

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02 septembre 2008

Log 31. Ashes to Ashes

Pensée du jour : "La peur ne peut se passer de l'espoir ... et inversement"
Fond muscial : Deftones - Digital Bath

finaljohnDeux époques de l'année se suivent, deux parties de moi entrent en collision. Ces vacances, qui avaient débuté comme un simple prolongement des mois précédents, avec leur lot de soirées sans saveur, ont commencé à être utiles quand pour de bon je me suis laissé aller. Le but était simple : ne plus réfléchir, et au moins ça c'était réussi. Les moyens utilisés n'étaient certes pas très louables, mais vous savez ce qu'on dit "Qu'importe le flacon, pourvu qu'on ait l'ivresse". L'ivresse aidant justement, ainsi que la distance mise entre moi et Paris, mon entourage, une certaine fille ... je me déridais à vue d'oeil, une vraie cure de jouvence. Je me reconstituais, devenant certes quelque chose que je n'aimais pas, mais au moins j'avais la tête vide.

C'est à ce moment là que je fais une rencontre. Virtuelle, certes, mais tellement prenante. Les discussions que l'on entame alors plusieurs nuits d'affilées commencent à confirmer la tendance de l'été : tout ne va pas si mal. Qui l'eut cru, pas vrai ? Pas moi en tout cas, puisque je reste méfiant. Mais petit à petit, je constate qu'il n'y a rien à faire, ma fierté ne peut pas lutter facer à une fille comme elle. J'ai l'impression que mes paroles trouvent enfin un sens pour quelqu'un, qu'on me rattrappe par le col juste avant la chute pour me dire "T'es pas complètement fou, ou alors si tu l'es, c'est qu'on est deux". Quelle douce euphorie que de se laisser aller à une franchise enfouie depuis trop longtemps. Peu à peu, la confiance se fait une place dans ma vie. Nous sommes maintenant au mois d'Aout et je me surprends à avoir le sourire, et même à apprécier une semaine chez ma mère. Les discussions nocturnes se poursuivent, à ma grande surprise, et me donnent une force nouvelle. L'impression de pouvoir être apprécié pour ce que je suis vraiment, sans avoir à masquer mes démons. Et surtout l'impression de panser mutuellement nos plaies, de servir à quelque chose, d'aider quelqu'un qui ressemble de plus en plus à mon alter égo.

Puis le retour à Paris, à la routine d'un boulot qui m'apporte certes de quoi manger, mais qui vole des heures de ma vie, la rend plate, insipide. Les soirées sur la plage à fumer toutes sortes de trucs, les balades nocturnes à déblatérer des conneries et des blagues à trois sous, tout ça se transforme en souvenirs avant même que je m'en rende compte. La ville se referme sur moi. Le quotidien m'engloutit. En l'espace de deux semaines, je dois refaire face à tous ces gens qui s'agitent devant moi. Et merde, où j'ai rangé mon costume de mec normal déjà ? Je veux retourner en vacances sur un bateau pirate, fumer des spliffs avec le cercle des poêtes disparus. J'aurais voulu éviter de redevenir amer, mais c'est quand on est le plus entouré qu'on se sent le plus seul, pas vrai ? Je n'ai que faire de la pluie, des journées qui tirent en longueur et des week ends que j'appelle de mes voeux. Je veux continuer à vivre pleinement, à être moi même en envoyant chier ceux à qui ça plairait pas.

Et je connais quelqu'un avec qui ce serait chouette de faire ça. Une fille avec qui j'ai discuté pendant de longues nuit. On dirait que c'était il y a un an déjà, dans une bulle d'euphorie et de spontanéité. Mais ici c'est la réalité, et comme d'hab je me sens paumé. Je pourrais peut être revoir une de mes ex, ou faire la tournée des bars avec mes potes. Ce serait distrayant, comme avant. Mais pas satisfaisant. J'ai entrevu un truc, cet été, qui m'a donné un putain de sourire. J'ai rencontré une dreadeuse complètement folle qui m'a tiré vers le haut. Mais je suis un cas, un sosie déclassé d'héros de BD en imper, les pieds dans la boue et la tête dans les nuages. Mes exigences sont sans fin comme dirait l'autre, et au moment où je vous écris, j'ai peur de ce que je souhaite et des espoirs ennivrants qui dorment en moi ...

"Je bois à en crever, et peu à peu j'en crève
Comme ont crevé mes rêves
Quand l'amour m'a trahi
Je bois à m'en damner, le foi comme une éponge
Car le mal qui me ronge
Est le mal de l'oubli"
Charles Aznavour, Je Bois

Fin de transmission.

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26 juillet 2008

Log 30. Valkyries

Pensée du jour : "Les gens biens méritent une deuxième chance"
Fond musical : Nancy Wilson - Elevator Beat

finalvalkyrieL'égarement n'aura été que de courte durée. Face à la situation délicate du précédent Log, je ne savais pas quoi faire, mais finalement la fille en question a réglé le problème sans le vouloir. Je crois que si nous nous entendions si bien, c'était parce que nous partagions une part de malêtre, mais elle n'en restait pas moins quelqu'un de droit. Or ces dernières semaines, son comportement a basculé. J'étais prêt à faire des efforts pour sauver notre amitié, une des dernières choses auxquelles je m'accrochais, mais j'ai commencé à la voir s'autodétruire, à faire n'importe quoi pour masquer ce malêtre, à agir comme la première poufiasse venue. Inutile d'entrer dans les détails, mais elle a perdu toute notion de respect pour elle même. Elle n'avait plus rien à voir avec ma meilleure amie. C'est ce que je lui ai expliqué la dernière fois que nous nous sommes vus, juste avant de lui dire que tout était fini.

On m'a déjà reproché cette décision. Mettre un terme à une amitié en claquant la porte, ça sonne mal aux oreilles des gens. "Peut être que c'est justement maintenant qu'elle avait besoin de ton aide". Peut être ... mais on ne vit pas dans un conte. Personne n'arrive dans votre vie pour régler vos problèmes. Il faut se sauver soi même. Pourtant, j'ai essayé d'être là, malgré toute la rancoeur causée par notre relation ambigue, j'ai tenté de lui faire comprendre que ce n'était pas en faisant de la merde qu'elle se sentirait mieux. Mais je ne représente pas la main tendue vers l'espoir, hors de question d'attendre indéfiniment qu'on accepte mon aide. On ne peut pas aider quelqu'un qui veut sombrer, surtout si cette personne agit comme une conne du jour au lendemain, sans prévenir.

Je ne suis personne pour juger ce qui est bien ou mal, mais je me suis construit mon code de valeurs. Un référent auquel je ne déroge jamais. Une vision personnelle de ce qui est juste, mais qui semble de plus en plus érronée. Quand j'entends cette autre fille, casée depuis 8 ans, me raconter qu'elle trompe son mec depuis des mois, sans qu'elle ne ressente le moindre cas de conscience, je flippe. Je flippe parce que je classe ça à côté de tout ce que j'entends de similaire, dans mon entourage ou même virtuellement. Quand est-ce que ce genre de conneries sont entrées dans la normalité ? J'ai de plus en plus l'impression que je suis le seul à être choqué par certaines choses. Et je continue à me barrer quand quelqu'un n'entre plus dans mes "critères".

Du moins, j'essaie de me convaincre que c'est pour ça que je pars à chaque fois. C'est en quelque sorte ma couverture. Elle m'évite de faire face à la réalité : si je continue à laisser ces personnes sur la route, à utiliser ces "amis à usage unique" comme dirait l'autre, c'est simplement parce que je m'en fous. Rien n'attire plus mon dévolu. Et cet été j'atteins de nouveaux sommets en terme de solitude. Biensûr même sans ma meilleure amie je reste très entouré, mais ils ne se rendent même pas compte que je ne suis déjà plus là. Une dimension qui donne à cette solitude, non plus un goût de tristesse, mais de liberté intense, comme si les chaînes terrestres avaient disparu. Je me laisse aller, je vais me percher bien au dessus de tout ça.

Pourtant, il n'y a aucune gloire à se détacher de tout. Pas de rédemption à la clé, simplement un face à face avec soi même et les rares personnes qui vous comprennent. Une sorte de "Leaving Las Vegas" métaphysique. Je pourrais tester toutes les drogues jusqu'à ne plus m'en relever, mais certains éléments, certains bouts de discussions échangées virtuellement ou de saveurs  d'espoir me font descendre de mon perchoir; me disent que j'suis pas forcément seul dans mon cas.
Alors je rappelle mon fantôme à ma carcasse, et  j'essaie de profiter des plaisirs terrestres. Je pige pas toujours les humains, mais il arrive qu'on se marre bien.

"Regarde toi en avant
Regardons nous en arrière
Si on avait été moins amants
On en serait que plus frères"
Luke, Se Taire

Fin de transmission.

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08 juin 2008

Log 29. Fall of Constantine

Pensée du jour : "La seule différence entre remède et poison, c'est la dose"
Fond musical : The Mars Volta - Cicatriz

finalhellblazerLa vie est une chienne. C'est un fait qu'il faut prendre en compte avant de commencer à chercher la paix. Nous sommes le Jeudi 5 Juin et je me retrouve dans la soirée mensuelle du bar, à faire face à ma meilleure amie. Comme prévu, la technique du silence a fonctionné, comme prévu elle me demande les raisons de ma distance ... pas comme prévu : le fait de la revoir me fait perdre toute détermination. Et pourtant j'essaie de claquer la porte, je lui explique que nous n'arrivons plus à être amis comme avant, que les sentiments que j'ai pour elle me rongeront toujours quand je la verrai avec un autre, et qu'il vaut mieux qu'on continue notre chemin chacun de notre côté un moment. Elle me propose un mois, je lui réponds un an. Elle pose alors sa tête contre moi, me dit qu'elle se sent trop perdue, qu'elle a l'impression de plus savoir définir ses sentiments. Je connais ... mais ça ne change rien. Au contraire, le fait qu'elle se sente si désorientée me donne envie de la secouer par les épaules et de lui faire comprendre que putain, un mec est juste devant elle a lui offrir ses vestiges d'espoir, il ferait tout pour la rendre heureuse et la respecterait. Mais ça aurait été trop beau. Dieu ou je ne sais quelle de vos forces supérieures a préféré qu'elle m'aime il y a quelques mois sans me le dire, puis qu'elle rencontre quelqu'un d'autre au moment où je réalisai ce qui se passais. Suite à la discussion, quand les gens rentrent chez eux, je lui propose de dormir chez elle. J'ai dans l'idée d'essayer de me comporter comme avant, de voir si un climat d'amitié est possible. Pour moi, l'ambiance est plutôt froide et je quitte son appart le lendemain matin avec l'amertume de l'année à venir sans elle.

Mais voilà qu'elle m'appelle, me dit que j'ai oublié ma cravate, me demande quand je veux la récupérer. Pour elle, le fait que nous n'ayons pas couché ensemble cette fois signifie qu'on peut repartir comme à la bonne époque. Et c'est là que ma détermination cède : plutôt que de lui dire ciao, j'accepte de la revoir, je joue le jeu, juste parce que l'idée de me retrouver seul me fait trop peur. J'ai toujours préféré me couper un bras plutôt que de le laisser se gangrener, et cette fois je n'y arrive pas. Vais-je vraiment devoir faire semblant de n'être que son ami indéfiniment ?

Au début, tout ça fait naître en moi une colère sans nom, qui brûle dans mes veines à tel point que je me retire du monde toute une journée sans parler à personne. D'ailleurs, j'emmerde tout le monde, je suis dans un tel état que je ne supporte même plus tous les crétins qui m'entourent et qui ne comprennent pas une seconde ce qui m'arrive. Puis vient le stade plus sombre de la résignation : après tout, si je ne suis pas assez bien pour elle malgré tout ce qu'on a en commun, qui pourrait bien vouloir de moi ? Et finalement, nous sommes le Samedi 7 Juin au soir, et voilà que je lâche prise. Une fois de plus, je m'abandonne totalement à cette mécanique rôdée qui constitue mon âme. Pourquoi lutter, c'est tellement plus facile de se laisser séduire par cette seule attitude : plus rien n'a d'importance. J'imagine que c'est de cette façon que naissent les grands méchants du cinéma, ce ne sont jamais que des incompris qui finissent par vouloir faire sauter la planète. Je sors du resto dans lequel se déroule une de ces indénombrables soirées (elles non plus, ne me paraissent plus réelles). Je m'allonge sur un banc au bord de l'eau et m'allume une cigarette. Je regarde le ciel s'obscurcir petit à petit. J'ai l'impression d'être le dernier être vivant sur Terre.

"Il ne lui servit de rien à présent,
D'avoir élevé de hautes tours dans le Ciel
Et il ne put s'enfuir
Malgré toutes ses machines
Mais fut envoyé tête la première
Lui et sa horde industrieuse
Bâtir dans l'Enfer"
Milton, Le Paradis Perdu


Fin de transmission.

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02 juin 2008

Log 28. The Black Parade

Pensée du jour : "Il n'est jamais trop tard pour se réveiller"
Fond musical : My Chemical Romance - I Don't Love You

finalparadeUn week-end en province, ça peut changer beaucoup de choses, ou pas. Personnellement, j'ai toujours aimé les gares. Regarder les gens se quitter, se retrouver, tout ça. C'est, comme lors de ma dernière clope à ma fenêtre la nuit, un des seuls endroits où j'ai l'impression de pouvoir laisser mon esprit vagabonder complètement. Peut être que c'est dans cet "entre-deux mondes" que je suis à ma place. Enfin passons, je compte pas vivre dans une gare de toute façon. C'était la première fois que je rendais visite à ma mère depuis qu'elle a plié bagage, quelques semaines après avoir tenté de se tuer. Je l'ai trouvée plutôt en forme, mais par moments c'est comme si elle n'était plus là. Je crois qu'une partie de son esprit ne reviendra pas, et je dois l'accepter. Je me suis pas mal baladé, j'ai fait la sieste à l'ombre d'un moulin et j'ai fumé des clopes en regardant la mer. L'océan, c'est quelque chose qui m'a toujours fasciné. A chaque fois que je le regarde, mon coeur se serre, comme si la tristesse et la sérénité faisaient l'amour dans ma tête. Métaphores foireuses mises à part, ce genre de "communion" passagère avec la nature me rassure toujours quant à ma quête de paix intérieure. Mais ça me fait peur aussi. Peur de passer toute une vie sans rencontrer les bonnes personnes, LA bonne personne avec qui avancer. Je trie sur le volet mon entourage, ne retirant mon masque que pour une poignée d'élus (heureux ?). Et pourtant même quand je crois avoir gardé les bonnes personnes, quand mon désir d'élévation est au plus haut, je réalise que je reprends une attitude mécanique.

Ce qui nous ramène à ma meilleure amie, celle du Log précédent. J'avais depuis peu décidé de maintenir le silence quelques temps. Pas vraiment pour m'éloigner, mais plutôt pour user d'une technique de sioux consistant à attiser le manque chez une personne pour qu'elle revienne vers vous d'elle même. Je n'étais pas jaloux de la voir courir après un autre mec, mais toute cette merde depuis qu'on a couché ensemble ajouté au fait qu'elle agisse comme une lycéenne pour lui plaire, ça m'a gonflé. Quoi qu'il en soit, la technique du silence a porté ses fruits et voilà que la demoiselle me contacte à plusieurs reprises. A chaque fois je réponds très rapidement, avec des phrases courtes, je fais mine d'être occupé. Je joue ce petit jeu en sachant très bien que le 5 Juin au plus tard il y a 90% de chances pour que je doive lui faire face à la soirée mensuelle au bar, et qu'elle me demandera alors pourquoi je suis si distant. Peut être que je fais ça pour qu'elle se rende compte qu'elle m'aime encore, allez savoir. Mais là où je veux en venir, et c'est ce qui m'inquiète, c'est que le résultant m'importe peu. Je ne ressens aucun manque, pas même l'envie d'une soirée entre amis comme avant. La bonne vieille mécanique a refait son oeuvre, et me voilà redevenu de marbre, sans même l'avoir voulu, avec une des personnes qui comptait le plus.

Si j'arrive à me détacher d'elle de la sorte, quel sera la prochaine étape ? Vais-je finir par me foutre réellement de tout, au point de n'être plus qu'une coquille dont le Ghost sera parti vagabonder, sans plus aucune attache ... Je lance ces questions dans le vide comme d'habitude, sauf que maintenant il y a du nouveau. Et oui, comme dans toute bonne saison 2, il faut du rebondissement, alors voilà : il y a désormais une psy dans la partie. Elle doit me prendre mon argent deux trois fois d'ici le mois de Juillet et aviser pour la rentrée prochaine. En tout cas, après la première séance, je peux déjà affirmer qu'elle ne sera pas un personnage récurrent. Ca fait quatre ans que je cherche qui je suis, que j'essaie de m'améliorer, et je crois pas avoir besoin d'elle pour continuer. La petite lueur du moment, c'est qu'il reste des gens biens figurez-vous. Il paraît que vers Metz traîne une espèce de Cyberpunk à l'humour incisif qui gagne à être connue. Je n'espère pas encore une amitié mais qui sait, on fondera peut être un cirque itinérant.

"Preach all you want but who's gonna save me?
I keep a gun on the book you gave me,
Hallelujah, lock and load
Black is the kiss, the touch of the serpent sun
It ain't the mark or the scar that makes you one"
Gerard Way
, Thank You For The Venom

Fin de transmission.

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14 mai 2008

Log 27. Maelstrom

Pensée du jour : "Cette nuit, tu te sens plus grand, biensûr, d'avoir choisi ton camp"
Fond musical : Kavinsky - Dead Cruiser

finalmechantComment transformer en tourbillon autodestructeur les bases d'un équilibre naissant ? Ce n'est malheureusement pas le thème d'une thèse de psycho. C'est plutôt un exercice pratique dans lequel, en toute humilité, je semble exceller. Alors voilà, puisque je n'ai pas écris depuis un bail, je vous remets dans le contexte : célibataire depuis Février, je m'en foutais un peu et j'en profitais pour m'occuper de moi et profiter de ma vie sociale florissante. Bien entouré par plusieurs cercles de potes, soirées avec eux plusieurs soirs par semaine. Et le plus important : mes deux meilleurs amis (une fille et un garçon), bien présents. Et un soir tout bascule. Nous somme un Jeudi soir et c'est le rendez vous régulier d'un de mes cercles d'amis dans un bar parisien. Ma meilleure amie est de la partie. Il est important de noter qu'elle a gagné ce statut en l'espace d'un an, ce qui est plutôt incroyable. Mais depuis que nous nous sommes rencontrés, là où je travaille, les jours n'ont pas cessé de nous rapprocher, créant un genre de symbiose. Tellement de délires, de références en commun poussaient même les autres à se demander si nous n'étions pas frère et soeur. C'est simple, on pouvait tout se dire, à bâtons rompus, et ça s'est prolongé même lorsqu'elle a quitté la boîte. Et ce soir là, sans que l'alcool ne m'y pousse particulièrement, je vais vers elle et lui demande "Pourquoi on est jamais sortis ensemble ?". Je ne suis pas sûr que c'était pour rire, mais la réaction qu'elle a eu m'a empêché d'y réfléchir plus longtemps. En effet, elle m'avoue avoir été amoureuse de moi pendant les mois passés côté à côté professionnellement. S'ensuit un baiser ... Et voilà, la machine était lancée. Evidemment, on essaie d'étouffer l'affaire, de se dire que ce n'était rien et qu'on oublie, d'autant plus qu'elle a un copain.

Oui mais voilà, une semaine après, on passait la nuit ensemble. Chaque minute passée avec elle me faisait tout remettre en question : suis-je vraiment amoureux de ma meilleure amie ? Quoiqu'il en soit, après une période de silence, on décide de se revoir sur des bases saines : elle n'est plus amoureuse de moi, et moi j'en sais rien mais je veux pas la perdre alors autant reprendre l'amitié épantante qu'on entretenait dès le départ. Mais quand même, je repense à cette nuit, aux heures passées à se regarder dans les yeux et autres activités moins sages ... et je m'efforce de chasser tout ça de ma tête. Ca devenait compliqué : je devais la revoir comme avant, ne plus coucher avec elle, jamais, et plus j'essayais de m'en convaincre plus le court circuit me guettait. Mais comme un rebondissement n'arrive jamais seul, voilà que bientôt on se retrouve à être tous les deux célibataires. Et ma stupidité reprend vite le dessus, je l'invite à passer une nuit chez moi. Ca fait à peine quelques jours qu'elle s'est séparée de son copain, et je tente une approche grosse comme une maison. Oui mais voilà, elle se laisse prendre au piège volontairement. Nous sommes Samedi 10 Mai, et je me retrouve à avoir une discussion sur l'oreiller avec ma meilleure amie, après une nouvelle nuit ensemble.

Elle me reparle d'un mec sur qui elle a flashé. Me dit qu'elle est attirée par moi mais que ses sentiments ne sont pas de l'amour, même si ce fut le cas à notre rencontre. Je vois alors le puzzle dans son intégralité : je suis en train de bousiller mon amitié avec elle, sans aucune chance de construire une relation amoureuse. On voudrait tous les deux que tout redevienne comme avant, deux amis si proches qu'ils devinent la fin de leurs phrases. Mais quelque chose cloche chez moi : je ne suis plus certain de ce que j'éprouve. Amitié ou amour ... ne pas pouvoir coller une étiquette sur ce que je ressens me fait dérailler. J'ai peur de perdre ma confidente, et en même temps je souffre dès que je la vois et qu'elle me parle de son crush. Si ce n'était pas elle, j'aurais suivi mon code habituel : partir en claquant la porte, sans appel. Mais ce n'est pas si simple. Peut être que si j'hésite entre amour et amitié, c'est parce que je me raccroche à la personne qui m'apporte le plus de tendresse. Je crois que j'ai peur d'être seul, et la promiscuité physique qui a eu lieu entre nous me fait m'agripper comme un perdu. Peut être que si je rencontrais quelqu'un d'autre, tout pourrait rentrer dans l'ordre. Une fois de plus, je marche sur les rares éléments pûrs de ma vie. J'aimerais comprendre ce qui se passe dans ma tête, pouvoir définir et décider de mes sentiments. Mais avant tout, je ne veux pas la perdre ...

" Chères ondes de l'adolescence volent dans l'air
Chair nue s'affole, s'emmêle, pêle-mêle...
Hostile et flou on était
Un été de joie me revient parfois
J'ai vécu depuis j'ai même donné la vie
Mais je garde ce parfum subtil et flou nommé 16 ans
Un parfum d'avant
Et je lève mon verre
En vidant mon âme, j'ai passé la nuit à boire
A nos fièvres heureuses
Comme si j'avais déjà vécu mille vies
Je repasse les pages
Endormi, je revois nos images
Lointaines de l'adolescence."
Mark Maggiori,
Un Parfum Nommé 16 Ans

Fin de transmission.

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11 mars 2008

Log 26. Robot carnival

Pensée du jour : "Mais toi je t'aime mon mensonge"
Fond musical : My Bloody Valentine - Sometimes

finalsimpleEt voilà, ce blog souffle sa première bougie. C'est une image hein, j'ai rien organisé pour l'occasion. C'est assez paradoxal : j'ai l'impression que cette année a filé à une vitesse folle et pourtant il s'est passé quantité de choses. C'est l'heure de faire un petit bilan de la saison 1. Je pense que si je jette un coup d'oeil à mon évolution depuis que j'ai commencé à écrire, le plus grand changement doit être ma "guérison". Je crois que j'ai réussi à oublier Elle. Biensur si on totalise, il m'aura fallu à peu près deux ans et des brouettes pour y arriver, mais pendant ce laps de temps j'ai compris que je ne courais pas après son souvenir, mais plutôt après ce qu'elle représentait. C'est à dire une époque. Je pense que toute ma vie certains lieux, certaines fragrances ou chansons m'évoqueront toujours cette dernière. D'ailleurs cette période ce n'est pas qu'Elle, mais un ensemble : le lycée, les vieux amis etc ...

Bref tout ce qui comptait avant que le tableau ne noircisse. Ou plutôt avant que je ne le noircisse devrais-je dire. C'est drôle, en rangeant un tiroir j'ai retrouvé une lettre de cette fille cette semaine (quelle sensation douce-amer !). Vers la fin, elle insiste particulièrement sur un souhait qu'elle formule de cette façon : "Ne te renferme jamais, tu as trop à offrir". Je crois que j'aurais dû l'écouter. Si j'avais eu la force de faire face aux problèmes que j'ai connu à ce moment, sans me déguiser en robot insensible, tout serait différent. Je ne l'aurais peut être pas perdue, je n'aurais pas mis ce calque entre moi et les autres, je ne serais pas devenu aussi distant par rapport à tout. Sans m'en rendre compte, je vivais un moment charnière.

Du temps s'est écoulé ensuite, avec son lot de relations hasardeuses, où parfois on essaie de se convaincre qu'il y a des sentiments en sachant que c'est faux. Je me suis fais pas mal de nouveaux amis, et des vrais en plus, ce qui est d'autant plus incroyable. J'en ai perdu un ou deux aussi, certains de la belle époque même. Avance rapide : j'ai eu mon diplôme, je me suis mis à fumer 5 fois plus, j'ai découvert un tas de groupes géniaux (vieux ou récents) et je me suis remis avec conviction à la guitare. Liste non exhaustive bien entendu. Tout ça avec pour point de départ une simple personne qui s'en va, c'est bizarre. Mais un chapitre est terminé, on se relève de ses erreurs peu importe le temps que ça prend, et aujourd'hui je ne souhaite plus que tout se soit passé autrement. Ca se fête ? Alors certes, le travail entamé à travers ce blog est loin d'être achevé. Je continue à "flotter", en décalage avec la réalité, en rêvant d'élévation tandis que les jours et les pauses clopes se succèdent. Mais je crois que même si j'en doute parfois, je commence à découvrir qui je suis, à entrevoir la possibilité de retirer le panneau "En réparation" de ma carcasse. Je profite des bons moments à fond et je me félicite de pas voir de psy. Les beaux jours reviennent bientôt à ce qu'il paraît.

Pour finir, je ne vous infligerai pas d'infâme citation en fin d'article pour une fois, mais je me contenterai de remercier les quelques fidèles qui passent dans le coin de temps en temps et qui pour certains ont su m'apporter beaucoup tout en restant discrets. A suivre dans la saison 2 ...

Fin de transmission.

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04 février 2008

Log 25. Cherry blossom romance

Pensée du jour : "Quand quelque chose est dit sur la nature, ce n'est déjà plus la nature"
Fond musical : Hirasawa Susumu - Parade

finalkoiLe croirez vous, je suis de nouveau célibataire depuis peu. Tout allait pour le mieux et pourtant, du jour au lendemain, notre relation s'est effondrée comme un château de carte. Cependant, pas de grande déception, pas de vague de douleur qui emporterait tout sur son passage. Juste ce sentiment de fraîcheur difficile à expliquer : comme si le fait de me retrouver seul avec moi même était finalement libérateur. Il faut dire, c'était à peu près logique que ça se termine de la sorte. Voyez vous, parmis toutes les personnes que j'ai fréquenté (passez moi l'expression), deux catégories distinctes ont su s'imprimer sur ma rétine, deux expériences diamétralement différentes. D'une part, la fille que j'appelerai rayonnante : elle fait partie de ces personnes qui vous transmettent de leur force et qui vous poussent à aller de l'avant. A ses côtés, tout paraît possible et vous remerciez la nature de lui avoir fait croiser votre route. C'est avec ce genre de personne que vous pouvez entretenir une relation à distance pendant 4 ans (oui je me cite comme exemple).

D'autre part - et je réalise à quel point je vais passer pour un sectaire - la fille que j'appelerai instable. Une personne qui ne demande qu'à trouver le bonheur comme tout un chacun, mais qui a tellement souffert par le passé qu'elle n'y croit plus vraiment. Toute son échelle de valeur est ébranlée et ce genre de personne vous offre autant de joie que de dommages collatéraux. Cette chère demoiselle qui vient de quitter ma vie faisait malheureusement partie de cette seconde catégorie, bien qu'à mes yeux elle sut être rayonnante un certain temps. C'était en vérité une destructrice, qui nuit à autrui à cause de son propre mal-être. Elle m'aurait sans doute emporté dans sa chute si je n'avais pas moi même été experimenté en la matière. Pour une fois, les leçons du passé se sont montrées utiles : toujours garder une part d'indépendance, toujours envisager dans un coin de son esprit la possibilité que tout peut s'écrouler.

Et me revoilà, pour ainsi dire indemne. J'ai l'impression d'être un vulgaire serpent qui vient de se débarasser de sa mue. Loin de moi l'idée cependant de m'en montrer fier : j'aurais préféré que ça se passe différemment. Mais on ne peut pas plus changer les gens qu'on ne peut altérer le cour du temps. Nous agissons selon notre nature à chacun. Je continue de m'inquiéter de ne pas réagir plus violemment à ces échecs sentimentaux, et je ne demande qu'à changer et à laisser cette indifférence derrière moi. Mais je commence petit à petit à me résigner. Pourquoi chercher à atteindre quelque chose qui n'est peut être tout simplement pas sur mon chemin ? Peut être vaut-il mieux chercher la paix seul, plutôt que d'être deux pour chasser des fantômes.

"- Je crois qu'il y a méprise, je ne veux pas sortir avec toi.
- Non je ... je veux juste te connaître. Je veux juste savoir qui tu es.
- Tu ne peux pas. Personne ne connaît vraiment personne.
- Je ne comprends pas. Qu'est-ce que tu entends par là ?
- Ca veut dire ... que jamais tu ne me connaîtras. C'est difficile, mais c'est comme ça pour tout le monde ... faut faire avec."

Sean Bateman, Les Lois de l'Attraction

Fin de transmission.

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20 janvier 2008

Log 24. Suck my geek

Pensée du jour : "Les forts en foot, c'est eux les glandus"
Fond musical : Soul Scream - Kuroi Tsuki No Yoru

finalspikeBon aujourd'hui je ne vais pas parler de ma vie sentimentale, ni même de mon rapport aux autres. Quoique. Je tenais à écrire un billet sur ma culture, tout simplement. Le déclic a été ce documentaire dont j'ai emprunté le titre pour cet article. En regardant des inconnus parler de comics, de manga, de science fiction, de RPG, assis à côté de mon meilleur pote, j'ai été pris d'une grande nostalgie mêlée à une joie sincère. En effet, je suis content. Content parce que je me rends compte que je n'ai plus ce sentiment de solitude que j'avais pendant mon adolescence. Nous sommes nombreux, nous qui avons grandi avec les Chevaliers du Zodiaque, les mutants de chez Marvel ou autres Han Solo, Snake Plissken, Captain Herlock. Je me rends compte aujourd'hui à quel point elles sont douces ces discussions éternelles pour savoir quel Final Fantasy est le meilleur, pour savoir si oui ou non le voyage dans le temps existera un jour (et si ça se passera comme dans Retour vers le Futur) et j'en passe.

Et c'est avec un sourire de statisfaction que je réalise ce soir que je suis vraiment fier de faire partie de cette culture alternative. Alors oui, j'ai 22 ans et il m'arrive de verser une larme devant un Anime. Oui, je peux être touché et ému par un jeu vidéo. Si je l'écris, c'est pour pouvoir le relire plus tard et m'en rappeler, en espérant n'avoir pas trop changé et avoir gardé une part de cet imaginaire. Si j'ai des gosses plus tard, je veux pouvoir entrer dans leurs délires. Et si je dis ça, c'est parce que cette culture m'a aussi permis de me faire tel que je suis. Si je n'avais pas mis mon nez dans la Japanimation ou dans ces paquets de films d'anticipation, peut être n'aurais-je pas acquis le même code de valeurs. Certes, vous me direz que je ne suis peut être pas une référence en terme d'adaptation, mais finalement, ça n'est pas nécessairement un tort. Je suis content de constater que notre imagination, notre ouverture d'esprit, notre sensibilité nous empêche de devenir des gens maussades. Et je comprends de mieux en mieux les Logs que j'ai pu écrire auparavant, ceux dans lesquels je décris mes relations "factices" avec une partie de mon entourage.

Je crois que certaines personnes ne pourront simplement jamais comprendre tout ce que je viens d'évoquer. Ca n'est pas la seule, mais une des raisons pour lesquelles moi ,et j'en suis convaincu beaucoup d'autres, nous sentirons toujours en marge. Je suis loin d'être un cas extrême : ni cheveux longs, ni t-shirts de hard rock, ni passion pour les orcs (à lire sur le ton du second degré, je ne veux froisser personne). Pourtant, j'avais quelques à prioris. Ce documentaire a renversé beaucoup de fausses idées que j'avais sur le terme de Geek. Il m'a rappelé que si j'avais une telle passion pour le Vintage, pour les films de genre, pour l'ambiance jazzy de Cowboy Bebop, (pour les robots ?) ça n'était pas pour rien. J'en suis fier et j'espère continuer à le partager encore longtemps. (Au fait, le teaser du docu, c'est par ici)

"Sortis tout droit des garages californiens dans les années 60, ils ont fait de notre planète un monde, leur monde. Les "geeks" -prononcez "jik" ou "guik", c’est selon- sont désormais partout. Nous en connaissons tous un(e), qu’il ou elle soit fan de Star Wars, de jeux de rôles ou de H.P.Lovecraft.
Elle s’éclate à "poutrer du zombie dans "God of War", jeu vidéo où l'utilisateur incarne un (redoutable) guerrier. Il est intarissable quand il vous parle des "Annales du Disque Monde", de l'écrivain britannique de science-fiction Terry Pratchett. Ils sont tantôt accrocs à l’ordinateur et aux logiciels libres, tantôt marqués à jamais par les dessins animés japonais période Goldorak et San Ku Kaï"
Johnatan Charton,
Rue 89.com

Fin de transmission.

Posté par V A A N à 02:35 - Commentaires [0] - Permalien [#]