08 juin 2008

Log 29. Fall of Constantine

Pensée du jour : "La seule différence entre remède et poison, c'est la dose"
Fond musical : The Mars Volta - Cicatriz

finalhellblazerLa vie est une chienne. C'est un fait qu'il faut prendre en compte avant de commencer à chercher la paix. Nous sommes le Jeudi 5 Juin et je me retrouve dans la soirée mensuelle du bar, à faire face à ma meilleure amie. Comme prévu, la technique du silence a fonctionné, comme prévu elle me demande les raisons de ma distance ... pas comme prévu : le fait de la revoir me fait perdre toute détermination. Et pourtant j'essaie de claquer la porte, je lui explique que nous n'arrivons plus à être amis comme avant, que les sentiments que j'ai pour elle me rongeront toujours quand je la verrai avec un autre, et qu'il vaut mieux qu'on continue notre chemin chacun de notre côté un moment. Elle me propose un mois, je lui réponds un an. Elle pose alors sa tête contre moi, me dit qu'elle se sent trop perdue, qu'elle a l'impression de plus savoir définir ses sentiments. Je connais ... mais ça ne change rien. Au contraire, le fait qu'elle se sente si désorientée me donne envie de la secouer par les épaules et de lui faire comprendre que putain, un mec est juste devant elle a lui offrir ses vestiges d'espoir, il ferait tout pour la rendre heureuse et la respecterait. Mais ça aurait été trop beau. Dieu ou je ne sais quelle de vos forces supérieures a préféré qu'elle m'aime il y a quelques mois sans me le dire, puis qu'elle rencontre quelqu'un d'autre au moment où je réalisai ce qui se passais. Suite à la discussion, quand les gens rentrent chez eux, je lui propose de dormir chez elle. J'ai dans l'idée d'essayer de me comporter comme avant, de voir si un climat d'amitié est possible. Pour moi, l'ambiance est plutôt froide et je quitte son appart le lendemain matin avec l'amertume de l'année à venir sans elle.

Mais voilà qu'elle m'appelle, me dit que j'ai oublié ma cravate, me demande quand je veux la récupérer. Pour elle, le fait que nous n'ayons pas couché ensemble cette fois signifie qu'on peut repartir comme à la bonne époque. Et c'est là que ma détermination cède : plutôt que de lui dire ciao, j'accepte de la revoir, je joue le jeu, juste parce que l'idée de me retrouver seul me fait trop peur. J'ai toujours préféré me couper un bras plutôt que de le laisser se gangrener, et cette fois je n'y arrive pas. Vais-je vraiment devoir faire semblant de n'être que son ami indéfiniment ?

Au début, tout ça fait naître en moi une colère sans nom, qui brûle dans mes veines à tel point que je me retire du monde toute une journée sans parler à personne. D'ailleurs, j'emmerde tout le monde, je suis dans un tel état que je ne supporte même plus tous les crétins qui m'entourent et qui ne comprennent pas une seconde ce qui m'arrive. Puis vient le stade plus sombre de la résignation : après tout, si je ne suis pas assez bien pour elle malgré tout ce qu'on a en commun, qui pourrait bien vouloir de moi ? Et finalement, nous sommes le Samedi 7 Juin au soir, et voilà que je lâche prise. Une fois de plus, je m'abandonne totalement à cette mécanique rôdée qui constitue mon âme. Pourquoi lutter, c'est tellement plus facile de se laisser séduire par cette seule attitude : plus rien n'a d'importance. J'imagine que c'est de cette façon que naissent les grands méchants du cinéma, ce ne sont jamais que des incompris qui finissent par vouloir faire sauter la planète. Je sors du resto dans lequel se déroule une de ces indénombrables soirées (elles non plus, ne me paraissent plus réelles). Je m'allonge sur un banc au bord de l'eau et m'allume une cigarette. Je regarde le ciel s'obscurcir petit à petit. J'ai l'impression d'être le dernier être vivant sur Terre.

"Il ne lui servit de rien à présent,
D'avoir élevé de hautes tours dans le Ciel
Et il ne put s'enfuir
Malgré toutes ses machines
Mais fut envoyé tête la première
Lui et sa horde industrieuse
Bâtir dans l'Enfer"
Milton, Le Paradis Perdu


Fin de transmission.

Posté par V A A N à 14:45 - Commentaires [7] - Permalien [#]


Commentaires sur Log 29. Fall of Constantine

    pas glop disais-je

    Bon, bien que tu ne connaisse pas Pifou, mon seul dieu et maître, tu es pardonné.
    Sinon, les 1/2 androîdes au ghost défaillant sont finalemnt peu doués pour consoler leur congénères. Je suis bien placée pour te dire de laisser du temps au temps, c'est chiant, mais y'a que ça à faire. Apprends le macramé en attendant, je pense perso au crochet, j'ai toujours rêvé de posséder mon propre dessus de lit en carrés de fleurs stylisées de couleurs sur fond noir. Mais c'est vrai que j'ai des goûts exquisement pervers....
    >>>>>>virtual hugs ?<<<<<<<<

    Posté par Cheshire, 09 juin 2008 à 08:19 | | Répondre
  • En ce moment j'accèpte tous les hugs, même virtuels.
    Merci punkette !

    Posté par Vaan, 09 juin 2008 à 20:14 | | Répondre
  • ça m'impressionne toujours ... comme on peut vivre des choses similaires, pratiquement au même personne ...

    faire semblant d'être amis, je connais ... le côté "c'est mieux que rien aussi" ... je fais même pas semblant, je suis VRAIMENT son amie, c'est le "plus" qui est caché par obligation, bridé par la résignation ...
    Vivre avec des questions à la con qui reviennent sans cesse tel que "pourquoi elle ne voit pas que je suis e qu'il y a de mieux, mieux que tous les cons sur lesquels elle peut tomber, que je la protégerai toujours, que je l'aimerai toujours plus que ma vie, plus que tous les autres additionnés ... que je pourrais faire tout ce qu'elle demande ... ? " mène à douter de sa capacité à s'attacher les gens, à être aimer parce qu'on est quelqu'un qui déchire sa race (^^) , pare qu'on est ... tout simplement. Et pas parce que l'autre qui nous aime est en attente de quelque chose de mieux.
    Je connais ça aussi. Si elle ne me voit pas, je n'existe pas vraiment. Vivre dans les yeux de l'autre, toujours, tout le temps ... Ne trouvez que l'on vaut le coup seulement quand elle nous regarde ...

    J'aimerai pouvoir te dire que ça s'arrange. Chez moi ça s'arrange ... doucement. Et c'est un vrai combat, pour ne pas céder à la moindre envie de coup de fil (pour des conneries aussi futiles qu'agréables), au moindre besoin de regard, à la moindre pulsion de calin trés chaste. Parfois, je cède ... et je m'en veux. Et en même temps, c'était tellement bien ... de faire semblant encore un peu. De ne pas se réveiller tout de suite, de faire les choses sans se surveiller sans cesse. Mais c'est dur.
    Un jour, ça marchera ... j'espère vraiment pour toi.

    Posté par Léa, 10 juin 2008 à 19:14 | | Répondre
  • ... uhm, à la place de personne dans la première phrase, lis période, ça aura plus de sens ^^

    Posté par Léa, 10 juin 2008 à 19:15 | | Répondre
  • Le temps passe...

    et ne fait que ça...
    Tu trouveras toi aussi quelqu'un, plus tard... les ressemblances s'attirent, les contraires aussi. Va savoir ce qui est bien pour elle, qu'est-ce qui est bien pour toi ?
    Ne perds pas espoir, ta vie n'est pas finie.

    Posté par Persilya, 14 juin 2008 à 00:11 | | Répondre
  • Hum. Il est des addictions dont il est plus difficile de se débarrasser que d'autres, mais le temps reste la meilleure des cicatrices. Be strong.

    Posté par kronophage, 16 juin 2008 à 15:19 | | Répondre
  • Moui, le macramé, y a que ça d'vrai.
    Que la force soit avec toi petit scarabée.

    'Pis... EEEEEEEMMEEEEEEEEEEEEEERDE le monde !!

    VAs y, jour de bonté, grâcieusement, un hug supplémentaire

    Posté par HK, 11 juillet 2008 à 15:43 | | Répondre
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